Extincteurs : locataire ou propriétaire, qui doit payer ?

Un extincteur ne sauvera peut-être pas votre salon, mais il peut faire toute la différence entre un dégât maîtrisé et des souvenirs réduits en cendres. Pourtant, en France, rien n’oblige la majorité des locataires ni des propriétaires à en installer un dans un logement. Cette absence de règle générale laisse la porte ouverte à toutes les interprétations, et parfois, à des clauses de bail pas toujours très claires. Entre textes de loi muets et initiatives individuelles, la répartition des frais liés aux extincteurs s’invite dans la relation locataire-propriétaire, souvent sans mode d’emploi limpide. Chaque situation mérite qu’on s’y attarde, contrat de location à la main.

Extincteurs dans les logements : que dit la réglementation actuelle ?

En matière de sécurité incendie, la loi française ne s’est pas penchée sur le cas des extincteurs dans les habitations. Pas de référence à leur installation dans le code de la construction et de l’habitation, pas d’obligation pour les logements privés, contrairement au détecteur de fumée qui, lui, est bel et bien imposé. La réglementation, sur ce point, reste silencieuse.

La situation change radicalement dès qu’on franchit la porte d’un établissement recevant du public (ERP) : là, la présence et l’entretien d’extincteurs sont strictement encadrés, chaque type de feu demandant son matériel adapté. Les professionnels, qu’ils gèrent des résidences étudiantes ou des meublés touristiques, n’y coupent pas. Mais côté logements individuels ou collectifs, rien n’oblige ni le bailleur ni l’occupant à installer cet équipement.

La location meublée suit la même ligne : pas d’obligation légale. Seuls certains règlements de copropriété ou d’immeuble peuvent prévoir l’installation d’extincteurs dans les parties communes, mais pas dans les espaces privés, sauf si le bail le mentionne expressément.

Le marché propose pourtant toute une gamme d’extincteurs conformes aux normes françaises : à poudre, à eau, à mousse… Leur présence dans un logement relève toujours d’une démarche volontaire, souvent guidée par la prévention ou l’envie de rassurer. L’absence de cadre national laisse donc chaque propriétaire ou locataire face à ses choix, à son bail, et parfois aux usages de la copropriété.

Qui paie l’achat et l’installation : locataire ou propriétaire ?

Sans obligation générale, la question du financement tourne vite au casse-tête. Ni la loi ni la liste officielle des charges locatives ne mentionnent les extincteurs, ce qui laisse au contrat de bail, voire à l’entente directe entre les parties, le soin de fixer les règles.

Souvent, si le propriétaire souhaite équiper le logement d’un extincteur, pour rassurer, valoriser le bien ou par conviction, il en assume le coût. L’achat et l’installation relèvent alors de sa responsabilité, sans possibilité de reporter cette dépense sur le locataire. Ce point n’apparaît d’ailleurs pas dans la liste des charges récupérables.

Le locataire peut aussi décider de s’équiper de son côté, pour sa propre sécurité. Il prend alors en charge tous les frais liés à l’achat et à la pose, sauf accord contraire mentionné dans le contrat de location. Aucun remboursement automatique à attendre du bailleur.

Tableau synthétique de la prise en charge :

Situation Qui paie ?
Installation à l’initiative du bailleur Propriétaire
Installation à l’initiative du locataire Locataire

Certains contrats de location détaillent clairement qui prend en charge l’équipement et son entretien. Mieux vaut scruter chaque clause avant de procéder à l’installation. Dans de rares cas, la copropriété impose des extincteurs dans les espaces communs : là, les frais se répartissent entre tous les copropriétaires, jamais entre bailleur et locataire seuls.

Entretien et vérification des extincteurs : une responsabilité partagée ?

Un extincteur, une fois installé, n’est pas un objet qu’on oublie dans un coin. Sa fiabilité dépend d’un entretien régulier. Même si la législation n’impose rien dans les logements privés, la maintenance reste indispensable pour garantir son efficacité. Pourtant, le bail ne précise pas toujours qui doit s’en charger.

Lorsque l’initiative d’installer un extincteur vient du propriétaire, c’est généralement à lui qu’il revient d’en assurer la maintenance, conforme à ses obligations concernant la sécurité des équipements fournis. Si, en revanche, le locataire s’équipe de son propre chef, c’est à lui d’en assurer le suivi technique et les frais associés.

Qui fait quoi ? Petite synthèse :

Voici comment les responsabilités se répartissent dans la pratique :

  • Propriétaire : prend en charge la maintenance si l’extincteur a été installé pour la location, sauf clause contraire inscrite dans le bail.
  • Locataire : assume l’entretien et les coûts s’il a lui-même ajouté l’appareil dans le logement.

Pour éviter tout malentendu, il est judicieux de vérifier l’état de l’extincteur lors de l’état des lieux, de noter la date de la prochaine vérification et d’anticiper l’éventuel coût de remplacement. La loi ne prévoit pas le remboursement de l’entretien d’un extincteur via les charges récupérables : il s’agit donc d’un point à clarifier entre les parties, ou à préciser dans le contrat.

Homme age inspecte un extincteur dans un placard de location

Charges locatives ou obligation du propriétaire : comment distinguer les frais liés aux extincteurs ?

Dans le dédale des charges locatives, chaque euro est disputé. L’extincteur, lui, ne figure pas sur la liste officielle des charges récupérables établie par le décret du 26 août 1987. En clair, ni la maintenance ni le remplacement ne peuvent être facturés au locataire dans le cadre des charges habituelles.

Pourtant, au moment de la signature du bail ou lors de l’état des lieux, la question revient souvent. Si le propriétaire fournit un extincteur, qu’il soit à poudre, à eau ou à mousse, il doit en assumer la gestion, sauf disposition spécifique dans le bail. Cette logique concerne l’équipement dans les espaces privatifs, alors que dans les parties communes des immeubles collectifs, les frais sont mutualisés entre copropriétaires.

Voici un aperçu de la répartition habituelle des frais selon la localisation de l’extincteur :

  • Dans les parties privatives : le propriétaire prend en charge l’achat, la maintenance et le remplacement en cas d’usure normale.
  • Dans les espaces communs : les frais sont répartis entre tous les copropriétaires, sans possibilité de les répercuter sur les locataires, contrairement à d’autres charges comme la taxe d’enlèvement des ordures ménagères.

Pour éviter toute ambiguïté, la meilleure démarche reste de clarifier la situation dans le bail. Un extincteur fourni par le propriétaire relève de sa gestion, alors qu’un appareil ajouté par le locataire reste sous sa propre responsabilité. Ce détail, souvent négligé au moment de la remise des clés, mérite toute votre attention. Un point à régler d’emblée, avant que la question ne s’invite au pire moment.

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